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Mardi 25 Mars 2008

( suite )

LA SAOURA : UN AUTRE CŒUR DU POLE TOURISTIQUE DU SUD OUEST

Après avoir fait des propositions relatives au Gourara , nous continuons notre apport en faisant des propositions pour la Saoura .
La Saoura est ce grand espace naturel qui couvre pratiquement toute la wilaya de Béchar et une bonne partie du Nord de la wilaya d’Adrar. Ce nom vient de ce fabuleux oued « LA SAOURA » , un oued Saharien qui charrie en plus des alluvions , des histoires voir des mythes grandioses liés à l’histoire de la nature et des hommes .


L’histoire récente de cette région est fortement marquée par sa richesse culturelle , mystique et patrimoniale .Cette richesse n’a pas pu se développer et se hisser au niveau des hommes et femmes de culture et d’histoires qui vivent dans cet espace .


La position d’excentration géographique y est pour beaucoup .en effet après la fin de l’exploitation des mines de Kenadsa , cette région a perdu de son importance économique , qui se résume en ce moment à une « voie de passage entre l’Oranie et l’extrême sud ouest » . Cette situation risque de s’aggraver avec l’ouverture de la nouvelle route entre Tinnerkouk ( dans le nord de la wilaya d’Adrar ) et El Bayyedh , d’où l’urgence d’anticiper par des propositions pratiques pour maintenir un « niveau d’activité socio-économique » viable qui permettrait la fixation des populations oasiennes , l’émancipation des populations des villes et rendre à cette belle région sa magnificence d’antan .


La Saoura recèle d’énormes potentialités naturelles et humaines incomparables , elles sont latentes et ne demandent qu’à être mises en valeur . De l’époque ou elle était le chef lieu d’une grande circonscription administrative , la Saoura a gardé en son sein des capacités humaines avérées en matière de gestion et d’organisation . Ce sont des hommes de cette région qui ont participé « au décollage des nouvelles entités administratives des nouvelles wilayates sorties de son sein » et qui continuent de servir . Ce n’est pas un hasard aussi si le mouvement associatif « de qualité » y est implanté et « participe en tant que partenaire au développement de la wilaya » .


LES POTENTIALITES NATURELLES DE LA VALLEE DE LA SAOURA .



Le chapelet de ksours qui domine les oasis , qui s’étale sur plus de 600 kilomètres du Nord au sud ( car pour nous la partie sud de la wilaya de Nâama fait partie géographiquement de la Saoura) représente « une carte postale , aux dimensions d’un pays , avec des diversités particulières et enchanteresses » .


Les oasis se succèdent et ne se ressemblent pas , la spécificité de chaque site donne sa particularité à chaque oasis .


Taghit la magnifique au creux de l’oued , parcourir sa vallée à l’ombre de ces palmeraies en écoutant la douce musique du ruissellement de l’eau . Les ksours abandonnés qui la surplombent sont autant de vestiges relatent la vie de géniales populations qui ont habités ces contrées .


Beni Abbes avec sa palmeraie et le lit de l’oued en forme de scorpion offrent une vue unique . Sa piscine servie par une source d’eau naturelle rappelle la complémentarité naturelle et ancestrale des forces bienfaitrices de la nature .


La proximité du Grand Erg Occidental donne à cette région un cachet particulier , car il constitue la barrière Est de la vallée , il protège toutes les palmeraies situées à ses pieds et offre un panorama exceptionnel par la multiplicité des couleurs de son sable que l’on peut admirer depuis la route parfois . Les méharées ont un goût particulier sur cette partie de l’Erg , par le professionnalisme des chameliers , leurs sens de l’hospitalité , leur amour pour les bivouacs animés par des mélomanes innés .


Le Reg est aussi une autre richesse de la vallée de la Saoura , ses étendues infinies , sous le ciel presque toujours bleu , donnent une dimension particulière aux hauteurs qui le surplombent .


L’Ougerta , ce plateau et ces montagnes vierges , à quelques encablures du Grand Erg , offre des possibilités d’évasion pour des touristes amateurs d’aventures soit en véhicule , vélo ou moto tout terrain . Les amateurs de chars à voile et de quad trouveront certainement des sensations extrêmes dans les circuits et les bivouacs .



LE PATRIMOINE MATERIEL ET IMMATERIEL DE LA SAOURA


Des ksours berbères de Moughel Lahmar adossés à l’Atlas , en passant par ceux de Taghit et Béni Abbes incrustés à la lisière du Grand Erg Occidental en arrivant à Louata , Kerzaz et Ouled Khdir , le touriste aura l’embarras du choix .


Les jeunes de la Saoura ont eu le mérite d’être les premiers à avoir entrepris la restauration de « leur patrimoine architectural ksouriens » .En effet c’est dans le ksar de Taghit que cette opération a commencé .

 

Aujourd’hui l’opération de restauration a touché d’autres ksours comme le magnifique ksar de Moughel et sa spécificité architecturale ( compartimentation par appartenance clanique , avec entrée unique pour chaque clan ) et son horloge solaire . Le ksar de Taghit et ses quelques maisons restaurées qui peuvent accueillir des touristes de passage , dans un cadre naturel et original . Le ksar de Béni Abbes et surtout la maison du Cadhi , qui est « un cours architectural particulier» pour les puristes .


Une attention particulière devrait être accordée au ksar de Kénadsa pour ce qu’il véhicule comme histoire du soufisme dans la région . La particularité de « ses douirates » , son architecture , ses couleurs et dessins sont un pur plaisir pour les fins connaisseurs . Le ksar de Kerzaz ne devrait pas rester en dehors de cette opération et mérite lui aussi la même attention .


Les gravures rupestres à Taghit mais aussi dans d’autres zones de la Saoura , qui gagneraient à être ouvertes aux touristes ( tout en insistant sur leur protection des prédateurs ) .


Le site de Marhouma dans la commune de Béni Abbes constitue à lui seul « un espace de découverte de richesse naturelle et historique particulière » . Un paysage diversifié , vierge et accueillant .


« La grande muraille de chine » comme se plaisent à l’appeler mes amis de l’association culturelle de Béni Abbes , elle longe la route nationale , elle apparait et disparait dans les profondeurs de la terre , comme si elle joue avec les touristes et veut garder son secret encore pour quelques chercheurs .


Avant la bifurcation vers Igli , à gauche de la route nationale , le touriste n’à qu’à descendre de son véhicule pour admirer les « fossiles aquifères » en surface sur la roche grise . Un musée à ciel ouvert pour le plaisir des yeux .


La Saoura est aussi une région connue pour sa musique . L’inégalable Alla maitre du luth et apôtre du Foundou ne sont pas les seuls porte drapeau musicaux de la région . El Ferda cet autre groupe authentique mérite d’occuper une place plus glorieuse dans le paysage musical de notre pays .Enfin la musique Gnaoui et le diwan ( en vogue en ce moment) sont des musiques spécifiques de la région qui mériteraient une attention particulière et pourquoi pas « une opération spécifique pour les enregistrer comme patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO » à l’instar du Ahellil du Gourara et de l’Imzad du Hoggar .


L’organisation de deux festivals spécifiques de musique , un pour le Gnaoui qui accompagnerait le « moussem de Taghit » et un autre pour le Diwan à l’occasion du « mawlid annabaoui al charif à Béni Abbes » ou bien au début et à la fin de la saison touristique Saharienne, seront des adjuvants non seulement pour la promotion du tourisme , par l’activité culturelle qu’ils boostent , mais aussi pour faire connaitre au grand public ( nationale , régional et international) ces genres musicaux de grandes valeur artistique et spécifique de la région .


Il est utile de rappeler que la région se distingue aussi par ses propres groupes de Karkabou , de Baroud , de Sara et autres folklores locaux comme la Hadra .



LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT .



la sauvegarde des « ksours , palmeraies ,oasis » de Taghit et Béni Abbes , par la recherche d’une solution au problème des eaux usées , qui menacent les nappes phréatiques ( éviter les cas connus à El Oued et Ouargla ) .Le traitement de l’eau et sa réutilisation dans l’irrigation ou production des algues , voir la pisciculture permet le maintien des populations sur place . Les populations ainsi rassurées peuvent s’inscrire dans d’autres stratégies de développement tel que le tourisme .


Des tentatives ont été faites par le passé ou l’association « les amis de la Saoura » à sa tête Monsieur Ben Dada , a joué un rôle prépondérant soit dans les études de faisabilité soit dans la recherche des fonds . L’Union Européenne et le PNUD ont répondu favorablement , mais la gestion des projets proprement dite n’a pas donné les résultats escomptés .En effet en ce qui concerne le projet de sauvegarde de la palmeraie de Béni Abbes , géré par l’UE , une évaluation du projet aurait été la bienvenue pour voir l’impact de ce projet sur l’avenir de cette oasis .Il est à rappeler que le mouvement associatif de la ville a été mis à l’écart dans la gestion du projet .

 

Quand au projet du PNUD pour la sauvegarde de la vallée de Tgahit , il a été géré par la DGF (choisie comme agence d’exécution ) , là aussi il faudra attendre l’évaluation de l’impact du projet sur la vie de la palmeraie , le traitement des eaux usées et la protection de la nappe , pour pouvoir mettre en place de nouvelles stratégies pour la protection de l’environnement et la promotion du tourisme .


A l’avenir il faudrait faire confiance aux compétences du mouvement associatif de cette wilaya . La composante humaine de certaines associations renferme des capacités de gestion de niveau supérieur , de plus des règles de gestion claires sont admises et reconnues à travers des textes légaux de la république relatifs aux associations .


Des bailleurs de fonds seront certainement intéressés par la réalisation de tels projets . A partir de ma propre expérience , quand je gérais un projet du PNUD , j’ai eu à organiser à Béchar une méharée pour des bailleurs de fonds pour le « projet routes des ksours du PNUD » .La méharée a vu la participation d’une dizaine d’ambassadeur avec leurs épouses et d’autres cadres d’institutions internationales accréditées en Algérie ( voir les photos : méharée et en route pour le bivouac) .


Aujourd’hui d’autres opportunités se présentent .En effet SONATRACH( qui agit comme une grande entreprise citoyenne ) a mis en adjudication des blocs d’exploration dans la région et certains partenaires ont commencé déjà à travailler sur le territoire de la wilaya ( STATOIL et BG) . La direction HSE de SONATRACH pourrait être la locomotive ( par le biais de son Projet de Management de l’Investissement Social ) qui inciterait ces compagnies à s’associer dans la prise en charge ces projets environnementaux dans le cadre de leur Responsabilité Sociale d’Entreprise .


Une grande entreprise citoyenne comme CEVITAL ( qui dispose d’un cash flow important) pourrait participer à ce genre de projet MM Ghéfari et Tahri ( cadres dirigeants dans cette entreprise) défendront probablement ce choix . Par honnêteté , je témoigne que cette entreprise était intéressée et disposée à participer au projet « route des ksours » .


Il demeure bien entendu que d’autres partenaires seraient sollicités dans le montage financier comme les collectivités locales , universités ( études sous formes de thèses de fin d’études) , ONG (spécialisées) ..etc . Le MIS de la HSE SONATRACH serait le chef de projet , son initiateur et catalyseur des synergies . La protection de l’environnement par la sauvegarde des « ksours oasis » menacées par les eaux usées vise un autre objectif stratégique , qui est la santé . En effet le « risque de voir des foyers de paludisme » serait éloigné .



LES CIRCUITS TOURISTIQUES .


De par sa position géographique , la Saoura s’impose comme un trait d’union entre les zones touristiques de l’Atlas Saharien et le Gourara .


Dans un circuit à thèmes comme la « route des ksours », que nous verrons en détail prochainement , les ksours de la Saoura se trouvent sur la route entre le ksar de Boussemghoun ( Al Bayyedh ) ,Ain Sefra ( Nâama) et ceux du Gourara.


Un circuit pareil et nonobstant sa valeur de découverte du patrimoine matériel et architectural particulier , peut nous faire découvrir d’autres aspects de la richesse spirituelle de la région , son ouverture , son acceptation de l’autre , sa quiétude et surtout sa tolérance.


Nous pouvons suivre à la trace de grands personnages qui ont marqué ces contrées. Sidi Ahmed Tijani et sa « khéloua » dans le ksar de Boussemghoun . Cheikh Bouamama et sa retraite stratégique jusqu’aux ksours de la région d’Aougrout ( wilaya d’Adrar) à travers les ksours du Grand Erg Occidental ( la Saoura) .Sidi Abdelkrim Al Maghili , ce notable et homme pieux de Tlemcen, gendre de Sidi Abderrahmane Ethâalbi , précurseur et fondateur de la première école de droit musulman à Kano ( Nigéria) a traversé la Saoura et le Touat avant de s’installer provisoirement à Tombouctou ( invité de l’Assakia Touré). Le père Charles de Foucault et son itinéraire de Béchar vers El Goléa , à travers la Saoura et le Gourara avant de descendre vers le Hoggar . Isabelle Eberhardt , ses multiples voyages entre Annaba , El Oued , Boussâda , Sidi Bel Abbes , mais surtout sa tragique disparition lors de la crue de l’oued Ain Sefra un 21 octobre 1904 .


Durant ces circuits , nous découvrirons des aspects du patrimoine immatériel de ces régions , des musiques diverses spécifiques à chaque régions , à chaque population voir à chaque ethnie.
Nous « voyagerons allègrement et acoustiquement » entre les Hadrates , la Ferda , le Diwan , le Karkabou , la Sara, le Baroud , le Hidous et surtout le Gnaoui .


Ces voyages peuvent être entrepris diversement , le touriste a l’embarras du choix entre des méharée à travers le Grand Erg Occidental , du trekking , en véhicule , vélo ou moto tout terrain ou faire des combinaisons à son choix . Pour les personnes âgées et désireuse de découvrir la région à bord de leur camping cars , les routes de la Saoura sont les plus belles du Sahara et les plus accueillantes . Sans aucune exception , tous les ksours et toutes les oasis déposent de « lieux de repos » ou il est possible de garer sa caravane , s’approvisionner en eau potable et éventuellement recharger ses batteries .


En conclusion , la Saoura est une zone qui mérite d’avoir sa chance pour devenir un véritable cœur du pôle d’excellence touristique du sud ouest car elle recèle d’énormes potentialités ( naturelles et humaines ) .

à suivre  les routes des ksours


publié par al mourabat dans: touat
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Pseudo: al mourabatCatégorie: WilayasDescription:
espace d'idées à débattre , dans le but de chercher de nouvelles perspectives de développement dans le sahara . proposé par un cadre des collectivités locales ,diplômé del'ENA ( wilaya d'Adrar)
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