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LES RESISTANCES DES MARCHES INTERNATIONAUX .
Gérer c’est prévoir , ce principe de gestion ne doit pas être ignoré dans la mise en place de toutes politiques de gestion « des ressources naturelles , génératrices de gros revenus , impliquant une participation étrangère en tant que clientèle et voulant prendre des participations dans la gestion de cette même richesse » .
Le tourisme en général et le tourisme saharien en particulier répondent parfaitement à cette définition . Nonobstant la concurrence féroce que notre marché rencontrera , dans sa promotion , de la part des voisins qui ont su profiter de nos problèmes de sécurité et de déstructuration du système d’exploitation des richesses touristiques .
La recherche d’une stratégie régionale de promotion ou de complémentarité , ne doit pas être imaginée en ce moment , puisque la concurrence déloyale bat son plein. L’image de marque de notre pays est bafouée à chaque occasion , surtout à l’étranger , toutes les occasions sont bonnes pour « tirer sur tout Algérien même s’il ne bouge pas » .L’exemple des attentas de Marrakech en 1994 est plus qu’édifiant .
La Tunisie voulant attirer vers elle des chances de vols charters , a présenté une demande à l’IATA pour voir un pourcentage de vols venant de l’Europe vers l’Afrique noire et l’Amérique du Sud , survoler son espace aérien au détriment de notre pays . Cette demande a été rejetée car les compagnies choisissent leurs couloirs aériens en fonction d’intérêts économiques et financiers , que le couloir Algérie présente de par sa position géographique .
Sur le plan des investissements , plusieurs pays ( Egypte , Maroc , Tunisie , Turquie, …etc) qui ont investi des capitaux énormes depuis longtemps , sont arrivés à une phase de rentabilité maximale , puisque les capitaux de départ ont été amorti , ce qui leur permet de proposer « des prix compétitif imbattables » sur les places boursières du tourisme international , ajoutons à cela une monnaie nationale dévalorisée à l’extrême face aux devises fortes et vous verrez que la clientèle potentielle ne se poserait pas de question quand à sa destination favorite .
Tous ces pays ont une politique internationale et régionale , fortement arrimée à la politique des pays émetteurs ( UE) , ce qui leur vaut l’aval et l’encouragement des « faiseurs d’opinions » d’où une influence sur le choix des clients .
La gestion « opaque » des marchés touristiques , sur les places boursières du tourisme international , ne fait que renforcer le doute sur les tenants et aboutissants d’un marché international de l’industrie du tourisme . Les prix proposés par les tours opérators à partir des pays Européens vers des destinations de tourisme (plages- soleil -bronzage ) battent tous les records des prix bas ( tout en considérant la crise des transports aériens ) , pourtant quand les Algérien se présentent dans les même hôtels ( en Tunisie par exemple) les prix proposés sont faramineux , aucune comparaison avec ce qui est proposé à partir de l’Europe , de quoi se poser des questions sur « la gestion de la bourse des voyages » et pourquoi les Algériens ne profiteraient –ils pas des même avantages ?
Comme pour le pétrole , la création de l’OPEP était vue comme une protection des intérêts des pays producteurs , pourvoyeurs de matière première non renouvelable , les pays consommateurs ont crée l’AIE pour les contrer , la demande a réglé le marché de l’offre , sa valeur , son importance et depuis l’avènement de la globalisation et le retour de la nouvelle valorisation de cette richesse , les consommateurs veulent avoir accès au capital , prendre des actions ( au nom du sacro saint principe de l’ouverture de tous les marchés) et tous les stratagèmes sont bons ( jusqu’à la déstabilisation médiatique voir armée) .Cette politique cherche non seulement à s’accaparer de toutes les richesses ( comportement post colonial) mais surtout à vouloir contrôler les sources de financement des pays émergeants et les confiner dans un sous développement permanent .
L’industrie des loisirs n’échappe pas à ce principe , le marché émetteur est contrôlé , par des « sociétés de financement , des groupes de médias, des faiseurs d’opinions ) qui sont fortement liés aux « centres de décisions politiques » .les millions de touristes , sont autant de sources d’argent que l’on doit contrôler , pour servir notre politique , ceci est le principe qui régit la politique des pays émetteurs .
La ligne qui sépare la gestion de « ce capital permanent énorme » et la « possibilité de nuire aux autres » est plus que visible .L’analyse de l’histoire du rallye Paris –Dakar avec notre pays est significative.
Pour se faire une réputation internationale , les organisateurs avaient besoins d’un thème porteur : « le Sahara Algérien » , de plus la logistique pouvait suivre facilement puisque notre pays est doté d’une infrastructure de base plus que satisfaisante .Les prix de carburants et autres prestations de services étaient à bas prix , ce qui ne faisait que croitre les bénéfices des organisateurs .Lorsque le pays d’origine des organisateurs , la France en l’occurrence , a voulu nuire à l’image de marque de notre pays , le rallye a quitté notre pays , il aurait pu le faire en silence , mais il fallait qu’il morde la main nourricière . Une compagne de dénigrement s’en est suivie et elle s’est croisée avec l’appel du quai d’Orsay, en direction des Français pour quitter le pays . La COFACE a suivi et la pression s’est accentuée . Nous vivons un remake dramatique avec la Mauritanie en ce moment .
Le Niger a connu la même mésaventure lors d’une autre édition du rallye , Une soit disant menace aurait pesé sur le rallye , suite à des photos satellite montrant une caravane ( des princes du golfe chassant l’outarde) , le rallye a annulé l’étape Nigérienne avec toutes les conséquences négative aux résultats néfastes sur l’image de marque de ce pays( sécuritaire , financières et politique ) comme par hasard ce pays voulait renégocier à l’époque les privilèges accordés à une société Française dans l’exploitation de l’uranium.
L’organisation des grandes compétitions sportives ( coupe du monde et jeux olympiques) sont aussi des formes de financements de développement par le tourisme de loisirs .De grands capitaux et des bénéfices nets énormes sont en jeu . Est-ce pour cela que la coupe du monde et les jeux olympiques n’ont jamais été organisé dans des pays pauvres ? Il ne faut pas donner de chance à ces pays de disposer de grands capitaux pour financer leurs développements . A l’exception de quelques pays d’Amérique latines ( la première coupe du monde ayant vu le jour sur ce continent , on ne pouvait donc l’occulter) .
Ces deux manifestations constituent une source de financement importante ( plusieurs fois le PNB national du pays organisateur s’il est du tiers monde),elles dépendent des décisions politiques des principaux pays émetteurs , d’où le choix des pays organisateurs , il a fallu que la chine devienne un géant économique , mais surtout un pays ou les grandes firmes occidentales sont venues se délocaliser , pour lui permettre d’avoir le privilège d’organiser les jeux olympiques .
Les jeux olympiques de Moscou ont été boycottés par l’occident , non pas pour des soit disant problèmes de démocratie ou de droits de l’homme mais pour empêcher l’arrivée d’une manne financière qui servirait le régime soviétique .Pour preuve plus de vingt années plus tard, l’occident avec les USA en tête ont « construit, couvert et géré des goulags dans l’union Européenne »dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ou tous les prisonniers avaient un dénominateur commun : musulmans. Idem pour la coupe du monde , il a fallu plus d’un demi siècle pour « casser le monopole des pays Européens et des dictatures Sud Américaines » pour voir l’organisation se déplacer ailleurs et ce n’est pas fini .
Les USA , l’un des derniers pays ou le football voit le jour , s’est vu octroyer l’organisation d’une coupe du monde avant l’Afrique . Des pays asiatiques l’ont organisée avant , mais même dans ce cas , il ne fallait pas que la manne profite « à un seul petit dragon » il fallait la partager entre le Japon et la Corée , et ce dans le but de retarder la suprématie d’un hypothétique cœur économique dans le pacifique .Quand à l’Afrique , la première organisation ira à la RSA ( encore un pays ou l’organisation profitera au capital occidental , dans la mesure ou l’économie est toujours entre les mains de la minorité blanche ) , pourtant des pays comme l’Egypte , le Maroc ou la Tunisie disposent d’infrastructures hôtelières et sportives suffisantes pour pouvoir organiser de telles compétitions .
Je voulais attirer l’attention sur ce côté de l’industrie des loisirs , pour engager un débat ouvert à toutes les propositions et montrer que le tourisme n’est pas uniquement une affaire d’investissement et d’atouts naturels mais aussi d’autres éléments dont il faudrait en tenir compte. La meilleure solution consisterait à construire une politique touristique qui tienne compte de tous les tenants et aboutissants . Dans cet ordre d’idée , il faudrait que notre politique touristique réponde à la demande d’une clientèle nationale en premier lieu et en mettant de notre côté tous les atouts pour attirer une clientèle étrangère , sans trop de concessions .
(à suivre ) le Gourara et la Saoura : coeurs du pôle d'excellence touristique du sud ouest